Le choix d’Alexandre

Ivan Tourguéniev
Ivan Tourguéniev

Alexandre Zviguilsky est un auteur français d’origine russe, traducteur, chercheur en littérature au CNRS et grand spécialiste d’Ivan Tourguéniev. Il est le créateur du musée qui lui est consacré et qui se trouve à Bougival , dans la Datcha où l’auteur séjourna régulièrement  entre 1874 et 1883.

À 90 ans, Alexandre a eu la gentillesse de prendre le temps de correspondre avec moi par e-mail et de me téléphoner afin de me transmettre de précieux conseils de lecture. Il m’a expliqué combien son moral est atteint par le conflit en Ukraine et ce n’est peut-être pas un hasard s’il choisit de réunir dans ses recommandations deux frères ennemis, Ivan Tourguéniev et Fédor Dostoïevski. Il a choisi deux oeuvres très fortes et très différentes, mais réunissant chacune les côtés sentimental, humain et philosophique, m’explique-t-il.

 

Concernant Tourguéniev, il recommande d’abord la nouvelle  L’auberge de grand chemin qui raconte de façon particulièrement saisissante la déchéance d’un aubergiste trompé par son épouse.

Dans l’ordre, Alexandre conseille ensuite les lectures suivantes :

Trois rencontres, Moumou, Premier amour (nouvelles), Relique vivante (un récit tiré des Mémoires d’un chasseur), et le roman Fumée.

Alexandre est curieux de connaître les impressions que ces lectures procurent, il aime savoir ce que l’on peut penser aujourd’hui d’un écrivain classique russe tombé en disgrâce en France au vingtième siècle par la faute d’Edmond de Goncourt qui lui a opposé Tolstoï et Dostoïevski, m’explique-t-il. N’hésitez pas à me faire part des vôtres que je me ferai une joie de lui transmettre.

De Fédor Dostoïevski, Alexandre recommande Le Petit Héros, un court texte extrêmement  touchant, extrêmement humain, sans doute sa plus belle oeuvre, selon lui.

L’auteur y réalise le bouleversant portrait d’un jeune garçon de onze ans qui découvre avec délice et effroi les affres de l’amour. La belle et délicate femme dont il s’éprend, son mari doté d’un « morceau de gras à la place du coeur », et l’enfant, sont en effet des personnages qu’il est bien difficile d’oublier en refermant le livre et qu’on ne peut que se réjouir d’avoir rencontrés.

Cher Alexandre, je vous remercie du fond du coeur pour ces si délicates et précieuses recommandations.

 

 

 

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